samedi 14 juin 2003

Suite du côté positif des choses... et sa fin.

J'en étais donc à l'épisode "Je fais du roller avec Pinkie et Ashmé". Il n'y a rien de particulier à rapporter de cette journée, hormis que ce fût très amusant (pour ma soeur et moi, dumoins). Le point que je voulais développer un peu, c'est le fait de faire des choses en groupe, avec mes amis et des membres de ma famille. Il n'y a pas si longtemps, je n'aurais pas pu faire ça, je veux dire que ça m'aurait foutu une trouille, un stress pas permis. J'ai toujours pris soin de ne pas mélanger mes trois types de relations: la famille, mes amis, et les connaissances/amis d'internet (et mes petites amies, ce qui nous fait en réalité 4 groupes). Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais ça m'aurait rendu physiquement malade de faire une activité en mélangeant des membres de groupes différents (enfin j'ai un début d'explication, je vous la donnerai plus tard). Et puis, depuis la petite soirée au Parc des Princes avec Trent et Ashmé, et bien cela ne me gêne plus vraiment.
Le soir, j'ai eu une discussion avec Ashmé. Je lui ai parlé de ce genre de choses, justement (je vais être parfaitement clair: je vous parle de mes angoisses pour tout et n'importe quoi: aller chez le médecin, prendre les transports, parfois j'angoisse même d'aller en cours, ou de voir un ami...). Et vous n'allez pas le croire (enfin moi ça m'a surpris), mais elle est comme moi. Il lui arrive, à elle aussi, de repousser des choses simples (aller chercher des tickets de cantine, par exemple) parce que ces choses la font angoisser. Elle m'a même avoué avoir stressé à l'idée de rencontrer Pinkie (elles ne se connaissaient pas). Ca m'a fait chaud au coeur d'être compris par quelqu'un qui connait les mêmes choses que moi. Ca peut vous paraître ridicule, mais ça vous gâche la vie. Des exemples j'en ai plein, mais le plus parlant qui me vient à l'esprit, c'est...

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... celui que je viens de vivre. Là à vrai dire, je viens de rentrer chez moi, et je me suis précipité sur ce journal pour éviter de pleurer de rage toute la soirée. Je vous raconte ça.
Ce matin, Pinkie fait sonner mon portable. Je dormais, donc je me réveille et me branche sur internet pour lui parler. Elle veut que nous allions faire du roller à Paris (c'est le meilleur endroit pour faire des belles ballades en roller). Je lui réponds que je ne me sens pas de le faire (j'ai peur de rouler au milieu de la foule, je ne me sens pas assez à l'aise sur mes roues pour cela. Et accessoirement, ça me fait angoisser, mais ça je ne le lui ai pas dit). Elle est déçue et commence à me faire culpabiliser en disant que ça fait un mois qu'on roule dans MaVille et qu'elle ne bronche pas, bien que ce soit ennuyeux pour elle. J'ai trouvé l'argument recevable, je n'avais pas envie de passer pour un égoïste, et je voulais surtout lui faire plaisir, alors j'ai dit OK. J'ai dit OK, alors que je stressais pas mal. J'aurais du rester sur ma position et dire non, mais je savais qu'elle m'aurait fait la tête pour cela. L'angoisse me donnant mal au ventre, je n'ai pas pu manger, je regardais les minutes passer, et plus le temps passait, moins j'allais bien. Et comme je trouvais le temps trop long, enfermé chez moi, je lui ai dit de me rejoindre dehors, pas loin de chez elle.
J'arrive, j'essaie de patiner.. Aucune sensation, je nage dans mes rollers. Je commence à imaginer ce que ça pourrait donner dans Paris, ce qui me fait encore plus angoisser. Je décide alors de m'asseoir, et de tenter de me calmer. C'est là que Pinkie arrive. A ce moment là, je n'allais pas bien, mais j'étais encore partant. Elle me demande si ça va. Je lui réponds la vérité: que je ne me sens ni bien, ni à l'aise. Ce à quoi elle me sort: "OK, tu veux pas y aller, quoi..". Et là, effectivement, je ne voulais plus y aller: angoisse.
Je lui avais dit le matin que je ne me sentais pas le faire. Et j'ai accepté, pour elle. Mais là je ne pouvais plus. Elle a commencé à s'énerver, me faire des reproches, dire qu'elle a perdu sa journée par ma faute. Elle a raison, elle n'a pas que ça à faire. Mais moi je voulais juste lui faire plaisir, rien d'autre. Je me sentais très triste, je trouvais cette situation très cruelle pour tout le monde. Je voulais essayer de lui expliquer, mais elle ne comprend pas, elle n'a jamais compris mes angoisses. De son côté, elle pensait que ça m'amusait, de la planter là, au dernier moment. Alors que putain... la dernière chose qui m'amuse dans la vie, c'est bien de contrarier Pinkie. C'aurait été n'importe qui d'autre (ou presque), j'aurais dit "Désolé je peux vraiment pas", et je me serais barré aussitôt. Je me serais excusé et expliqué plus tard, quand ce serait allé mieux. Mais avec Pinkie, je peux pas. Alors je suis resté planté là, assis. Je ne lui ai même pas dit pardon, tellement c'aurait semblé ridicule. Pardon de quoi? D'être angoissé? D'avoir des problèmes psychologiques? Oui c'est sûr, pour ça je peux m'excuser pendant des heures, ça arrangera vachement mon problème. Et pourtant, je me sentais vraiment désolé, et triste de la décevoir. C'est dans ces moments là que je me déteste le plus. Quand je décois les gens que j'aime.
Plus tard, après un long moment de silence, on a recommencé à s'expliquer. J'ai essayé de lui exprimer (comme j'ai pu) les angoisses que j'ai depuis que nous nous sommes parlés sur internet, mais elle ne comprend pas, elle pense que ce sont des excuses que je me trouve. Et s'entendre dire ça, ça fait plutôt mal, parce que si c'était le cas ça signifierait que je me fous de sa gueule. Donc elle pense que je me fous d'elle. Alors que je me suis justement forcé, malgré mon malaise, juste pour lui faire plaisir. Je pensais pouvoir surmonter ça et passer un après-midi sympathique avec elle, donc je suis venu. Mais je n'ai pas pu. Et donc, comme ça me faisait mal de voir qu'elle ne pouvait pas comprendre, et de penser qu'elle pouvait croire des choses fausses, je me suis éloigné (toujours en rollers) en mettant mon sac sur le dos. Mais comme il était assez lourd... je suis tombé en arrière. Je ne me suis pas fait mal, mais là, j'avais vraiment le moral très, très très bas.
C'était la cerise sur gâteau, si vous voulez. En me relevant, j'ai vu une voiture ralentir. Ses occuppants mes regardaient, apparemment ma chute était comique, puisque la condutrice riait en me regardant. Comme j'étais très triste, et que la situation ne prêtait pas du tout à la plaisanterie, je me suis énervé sur elle: "BARRE TOI SALE PUTE !!! DÉGAAAAGE !!". Je ne pouvais pas le lui hurler plus fort, et plus violemment. Elle à fait une grimace du genre "Ouh là, il est pas content dis donc !" mais toujours en riant. Et elle est partie. Je m'en suis immédiatement voulu, je suis crétin de m'énerver aussi vite, mais je me suis senti agressé. C'est idiot. Si je la recroise je lui présenterai mes excuses. Bref, j'étais tellement abattu que je me suis assis par terre. Et ce pendant suffisament longtemps pour qu'une dame, qui avait sans doute assisté à la scène, me lance en passant à côté de moi: "Ca fait.. 20 minutes que vous êtes assis là. C'est bon? Ca va?" Et ce d'un air pas sympa. Je lui réponds: "Ca va." Puis je grommelle un petit "Non mais de quoi je me mèle..", en me relevant. Je me suis senti ridicule. J'ai eu le sentiment qu'il fallait que j'arrête les frais, que je m'étais suffisamment ridiculisé pour la journée. Alors j'ai enlevé mes rollers (la meilleure chose que j'ai faite de la journée), je suis allé voir Pinkie, lui disant "Je suis ridicule, alors je vais rentrer". Puis je suis parti. Elle m'a rejoint un peu plus loin, elle était toujours très énervée, mais elle voulait dialoguer, chercher à comprendre. Quelque part ça m'a fait plaisir. J'avais moins le sentiment d'être une bête curieuse, d'être anormal. Puis on a commencé à reparler de mes angoisses. Elle m'a sorti "Ptin mais avec toi, on a l'impression que dès que t'as un truc à faire, c'est une épreuve !!". On ne pouvait pas mieux le résumer, c'est exactement ça. C'est pas qu'une impression, Pinkie, c'est ça. Puis elle a enchaîné avec quelque chose du genre: "Hey mais faut t'y faire, tu vas pas rester toute ta vie comme ça". Là j'ai commencé à sentir mes larmes venir, tellement je me sentais merdique, et je pèse mes mots. Comme mes parents m'ont toujours appris qu'un homme ne doit pas pleurer (Aurait-on l'éducation que l'on mérite?), j'ai préféré me retirer pour ne pas craquer devant elle. Elle l'a sans doute mal pris d'ailleurs. Je suis vite rentré chez moi, j'ai craqué dans mes escaliers. Là au moins j'étais certain d'y être seul.
Certains me diront: "Oh lala, faut pas se mettre dans des états pareils, ce n'est jamais qu'une ballade en rollers, c'est rien, ça s'arrangera"... Putain, mais vous êtes crétins ou quoi?? J'en ai rien à secouer du roller. Non, ce qui me fout les boules c'est de l'avoir déçue, et pire: de m'être déçu moi-même. Et puis, j'aime pas quand elle est fâchée contre moi.

Le côté positif c'est que.... mmm.... dès que j'en trouve un, je vous préviens.

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Ah, et j'ai oublié de vous parler de ma déprime d'avant-hier au sujet de mon avenir. Bon, ça attendra.

--== Je vais faire la liste de toutes mes névroses. ==--