Tissu de conneries
| Bon c'est n'importe quoi, je me fais trop rare. Le pire c'est que j'ai envie d'écrire. Mais là c'était le week-end, j'étais trop occupé. Beaucoup trop occupé, à lister les choses formidables que je pourrais faire le week-end, si j'avais une vie sociale ne serait-ce que dans la moyenne. Pas une minute à moi, donc. Mais je suis là, c'est le principal. Et tant que j'y suis, je vais vous parler de moi. Et plus précisement de mon manque de générosité. Je vais tâcher de m'expliquer convenablement, pour une fois. Déjà, au premier degré, je ne suis pas quelqu'un qui brille par sa générosité. Bon, je prête facilement un peu d'argent, et encore je n'ai pas souvent l'occasion de le faire. Mais regardez, je n'ai jamais acheté de cadeau d'anniversaire ou de noël. Enfin si, à une petite amie, une fois. Amusant d'ailleurs, j'offre un cadeau à la seule de mes petites amies qui méritait des coups de boule. Et les autres, rien. Passons. Je disais donc, je n'offre pas de cadeau pour les anniversaires et noël. Pour ce faire, je me planque derrière une petite excuse bien ficelée qui marche depuis des années. En voici le mode d'emploi: ---------> Fiche méthode <---------- 1. Sourire, et faire en sorte d'être d'accord avec tout le monde, quelque soit le sujet de conversation. 2. Au moment venu de la remise des cadeaux, mettre les mains dans le dos, en prenant un air réjoui et malicieux. 3. Au moment venu de la remise de votre cadeau, procéder comme suit: - Si vous êtes un homme (et si vous comptez vous servir de cette fiche, il est plus que probable que vous en soyez un), placez vos mains, d'un geste véloce et assuré, juste en-dessous de vos parties. Puis immédiatement, agrippez-vous le paquet, et secouez-le vigoureusement de haut en bas tout en prenant soin de ne rien abîmer (avouez que ce serait trop con). ATTENTION !! Le tout est à réaliser en chantant l'hymne national de votre pays avec une voix de canard. Sinon, vous vous ridiculiseriez pour rien (et avouez que ce serait trop con) ! - Si vous êtes une femme, vous n'avez pas de bol. Nan si je dis ça, c'est que bon, je suis un homme, donc je n'ai pas pu tester d'éventuelles solutions pour vous. Mais il y en a une qui me semble très très (très) bien: Mettez vous nue. Et puis prenez des photos et envoyez les moi ici, merci. Et si vous souhaitez m'insulter (me traîter de macho ou autres joyeusetés), c'est ici aussi. 4. Généralement, l'assemblée présente ne demande pas son reste, et vous avez gagné. Mais parfois, et cela m'est arrivé, un sombre olibrius preneur de tête et donneur de leçons s'élève, et ne manque pas de s'adresser à vous en des termes à peu près semblables à ceux-ci: "Je.. je.. tu.. tu.. Mais.. je.. je.. c'est.. je.. inadmissible..." (comprendre: "Mais qu'est-ce que c'est que cette merde?"). L'olibrius en question est offusqué, et vous serez d'accord avec moi pour dire que cela se comprend. MAIS !! Il faut réagir très vite. Eclaircissez-vous la voix, et rétorquez: "Ceci est une manifestation de mon plus profond désaccord avec l'asservissement par la société des esprits ici présents !! Non mais regardez moi cette vaste masquarade ! Je ne puis le tolérer plus longtemps. Avons-nous besoin d'alimenter cette tradition nauséabonde? De participer à cette cérémonie de l'âge de pierre? Regardez vous mes amis ! Avons-nous BESOIN de nous couvrir de présents pour nous prouver nos sentiments? Est-ce une réelle nécessité? NON. La vérité, c'est que tous les gens réunis ici se sentent forcés d'offrir quelque chose, pour se donner bonne conscience, pour se soulager du sordide joug que 2000 ans de culture judéo-chrétienne font peser sur nous. Pour montrer ses sentiments, nul n'est besoin d'un flacon de parfum à 90 euros, d'une Game Boy Advance à 120 euros, ou d'une lecteur DVD à 350 euros. Non. Ecoutez votre coeur, et vous verrez que seule une caresse, seul un baiser ou un mot tendre, ou encore une franche et virile accolade, savent être la preuve véritable et irréfutable de vos sentiments. Mesdames et messieurs, mes amis, mes frères. Je vous aime." 5. Vous bombez le torse, et vous sortez de la pièce avec fierté, sous le silence général et approbateur de l'assemblée, et de vos enculés de voisins qui écoutent aux fenêtres. <--------- Fiche méthode ---------> Je sais, vous trouvez cela consternant, et c'est justement là où je voulais en venir. J'ai un petit côté sale radin, quand même. Et ça, ce n'était que le premier degré, les choses matérielles. Mais venons-en au degré supérieur des choses, c'est-à-dire celui qui relève des sentiments, du soi, de l'implication. De cette générosité-là, j'en suis un peu plus doté que de la précédente. Mais ce n'est pas Byzance, ça se rapprocherait même du minimum syndical. Etre là pour un ami, l'écouter, être attentioné, est un effort pour moi. Un effort que je ne rechigne jamais à faire, sauf lorsque je ne vais pas bien moi-même. Mais c'est un effort tel, que parfois, je me trouve démuni devant la personne. J'essaie toujours de faire au mieux, et je m'en veux de ne pas toujours savoir trouver les mots. Je ne suis certainement pas un mauvais ami, mais j'ai beaucoup de mal à me considérer comme un ami de qualité. Et je culpabilise, parfois. Et dans mes relations avec les femmes, c'est la même chose. Je veux dire, une relation ça se construit. Construire, demande des efforts. Efforts se devant d'être plus ou moins soutenus, selon la demoiselle. Bon. Les efforts, je les fais. Mais le coeur n'y est que rarement. Voilà, vous voyez le tableau, constuire quelque chose dans la contrainte, le desarroi. Dans une certaine forme de douleur en somme. C'est triste, ça flirte avec le minable. Le malsain. Un an et demi de célibat, ce n'est pas un hasard. (NDn: il est très tard, je suis crevé, désolé pour les éventuelles fautes de frappe / d'orthographe / de grammaire / de goût.) |
| --== Vite au lit, Pinkie va m'engueuler sinon... :o) ==-- |

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