mardi 20 mai 2003

Dans la série "(de mon cul)": l'amour.

Je ne me sens pas bien. Je ne vais pas mal, mais je n'arrive pas à me sentir bien depuis quelques jours. Enfin si, j'y parviens pendant quelques minutes, lorsque j'ai l'esprit occupé. Et le reste du temps, je me contente de tenir compagnie à mes maux de ventre et de tête. Ils me sont fidèles, ces deux-là. Dommage d'ailleurs, car je les trouve pénibles. Mais bon, rien d'insupportable.
Je me surprends à me perdre dans mes pensées et raisonnements profonds et obscurs, et ce régulièrement. Le sentiment qui s'en dégage est invariable: il s'agit de l'alternance entre l'amour et la haine que je voue à l'humain. L'espèce humaine ne me laisse pas indifférent. Tantôt je m'émerveille devant ses talents, et tantôt je souhaite sa mort lorque je me mets à songer aux horreurs tombant sous sa responsabilité. Il m'arrive de me sentir envahi par une force positive découlant de toutes les choses que j'aime dans la vie, dans le monde. C'est un sentiment très agréable de petite joie de vivre mélée à une impression d'invulnérabilité. Dans ces moments là, j'ai une pêche d'enfer. Mais l'instant d'après, je peux très bien me sentir... je cherche le mot juste... étouffer. Pas physiquement, mais mentalement.
Je suis capable de passer en quelques minutes de l'état très positif décrit plus haut, à un état de violence refoulée intense. Ca se traduit par des pensées très négatives et violentes, envers les autres. Très rarement envers moi, en tout cas pas directement. Je pense à des bastonades, je pense à des explosions, ce genre de choses. Ca ne dure pas plus de trois minutes. Mais c'est très intense à l'intérieur, comme si de la haine coulait dans mes veines. Je ne l'explique pas. Peut-être est-ce une conséquence d'une certaine frustration sexuelle? Honnêtement, je n'en ai pas du tout le sentiment, mais je ne pourrais pas non plus jurer le contraire.


Je ne suis pas dingue. Je suis simplement vivant.


Au fil des années, et à force de m'aventurer dans des méandres émotionnels de tous genres, j'ai fini par constater que la conception que la majorité des gens ont de l'amour est, selon moi bien entendu, erronée. Les gens opposent l'amour et la haine. Pour eux, l'amour est l'opposé parfait de la haine. Ils voient ça comme une gamme de couleurs: d'un côté le blanc, de l'autre le noir. Et entre les deux, toutes les nuances. C'est complètement insensé. Chez moi, ce serait plutôt un cercle, sur lequel l'amour et la haine seraient côte à côte. Et le sentiment qui leur serait diamètralement opposé serait l'indifférence. Pour moi c'est vraiment évident. Regardez, pourquoi est-ce que des couples se déchirent? Pourquoi certains parents font-ils des horreurs à leurs propres momes? Pourquoi, lorsque quelqu'un que vous adorez fait une bêtise (mensonge, tromperie, etc.), vous vous sentez très déçu et très énervé? Alors que quand votre concierge fait la même bêtise, vous n'en avez absolument rien à foutre, ça ne vous choque absolument pas? Et des exemples, il y en a des millions.
En ce qui me concerne, pour que je me mette avoir des sentiments haineux envers une personne que j'aime beaucoup, il faut vraiment que ladite personne y colle la dose. Je pense à vrai dire que même les gens que, je trouve, beaucoup aimer, ne pourraient pas me faire péter les plombs (c'est-à-dire hurler des horreurs, coller une gifle par exemple). Sauf en le faisant exprès. Je ne sais pas si c'est par maturité, ou alors simplement par indifférence, par manque d'intérêt. Je n'y crois pas, mais après tout, c'est possible.
Je ne crois pas en l'amour, dans le sens "romantisme". Le grand amour fou entre deux personnes. Je n'y crois pas du tout. Pour moi c'est tout juste un concept, un peu comme Dieu. Dieu n'existe que si l'on croît en lui. Si personne ne croît en Dieu, alors Dieu n'existe pas. Bah l'amour, c'est pareil. Mes vagues souvenirs de mes cours de philo me disent que l'amour est une passion. Un truc qui correspond à un besoin à un moment précis et limité dans le temps. Voilà bah, l'amour n'est rien d'autre que ça. Une émotion forte, une illusion, un truc chimique éphémère qui vous fait perdre le sens des réalités. Une merde infâme. Une prison émotionnelle dans laquelle on se complaît à s'enfermer. Une chose malsaine. Il y a des sentiments tellement plus nobles et véritables... L'estime, la complicité, l'affinité, la tendresse. Le tout mêlé à de la confiance, et de la générosité. Ca, c'est beau. Ca, c'est vrai. Ca a quand même une autre gueule que votre amour romantique de mes deux, non?

Il y a une chose qui m'irrite, c'est cet infâme amalgame que l'on fait entre l'amour et le sexe. Dans les médias, j'entends. Tout cela au nom du politiquement correct, je présume. On confond tout et n'importe quoi. L'autre jour, je regardais une émission de débat dont le sujet portait sur l'interdiction totale de la pornographie à la télévision française (Précision pour les chanceux n'habitant pas en France: ici seules les télévisions payantes et codées peuvent passer du porno, et ce après minuit). Un mec, lors du débat, disait: "Je ne vois pas ce qu'il y a de choquant à montrer de belles personnes qui font l'amour. L'amour est la chose la plus naturelle au monde". Faudra m'expliquer ce que vient foutre l'amour dans ce débat. Il n'y a AUCUN rapport entre l'amour et ce qu'on peut voir dans un film de boule. En plus, en disant cela le mec en question fait un non-sens extrême: la chose la plus naturelle du monde n'est CERTAINEMENT PAS l'amour, en revanche, le sexe entre deux personnes en âge de le faire, ça oui, y a rien de plus naturel. C'est quand même ce que la nature à trouvé de mieux pour qu'on puisse se reproduire. Et le but de la vie (au sens biologique), c'est de prospérer, de se multiplier. Donc, le sexe est par définition le truc le plus naturel du monde. Mais l'amour romantique, c'est tout sauf naturel, ça ne devrait pas exister. Si on pouvait se débarrasser de cette sale mode (apparue au 19e siècle), la vie serait nettement plus simple pour tout le monde...
--== Comment je vous ai saoulés ce soir... ==--