lundi 28 avril 2003

Fin d'après-midi

Je suis sur le quai de la gare. Je serre avec tendresse le poignet de Pinkie pour lui dire à demain. Elle se dirige vers son wagon, et moi je monte sur mon vélo. Je commence à pédaler vers les escaliers de sortie. Je prends la bécane à deux mains, et la soulève pour descendre les escaliers. Escaliers que je dévale à petites foulées rapides, parce que mine de rien, c'est lourd un vélo. Me voilà en bas, je rechevauche sur ma monture et commence à pédaler à toute berzingue. Il y a beaucoup de monde sur la place de la gare. Tant mieux, j'éprouve un certain plaisir à slalomer à vive allure entre tous ces connards. Pas au point de provoquer un accident, hein, je ne suis pas complètement crétin. Mais tracer au milieu de la foule, c'est vraiment jouissif. Sorti de la place, j'entame la remontée du parc. De la même manière: à bloc. Je dépasse les petits vieux avec deux mètres de marge pour ne pas les effrayer, et je freine des que je vois un enfant. Sur un chemin, le comportement d'un enfant est imprévisible, alors je préfère réduire la sauce. J'aperçois ci et là quelques racailles accompagnées de leurs copines vulgaires. A ce moment, une idée me vient à l'esprit: "Et si on prenait les racailles et racaillettes les plus ridicules en photo, et qu'on publiait ça sur le web pour se marrer? Il n'y aurait même pas besoin de rajouter de commentaires, la seule vision de ces abrutis de moutons est irrésistible". Mais quelques coups de pédale plus loin, je me dis: "Raah.. non, ce sont des gens, ce serait mal. Fait chier, tiens. Je suis trop gentil. Je suis vraiment magnanime".
J'allais continuer de me vanter mentalement, lorsqu'un évènement impromptu m'arracha de mes pensées. Une resplendissante paire de miches, en l'occurrence. "Yoy... bah de toute évidence, y a pas que moi qui suis trop gentil.. CA c'est vraiment très très gentil" me dis-je. C'est le genre de paire de fesses qu'on ne voit que deux fois par an, au plus. Alala c'était beau. Enfin bon quoiqu'il en soit, je dépasse la demoiselle (non sans émotion). Et je ne sais pas si elle m'a effacé la mémoire, décollé la rétine, ou les deux, mais je n'ai AUCUN souvenir des 150 mètres qui ont suivit. Et c'est plutôt inquiétant, parce que dans ces 150 mètres, il y une route. C'est que c'est dangereux, un cul.
J'arrive dans ma rue, longue de 200 ou 300 mètres. J'ai pour habitude de la descendre à fond (comme le reste, en gros). Alors je m'exécute. Pendant ma folle traversée, je repense à l'autre jour, où j'ai failli me prendre de plein fouet une voiture qui sortait sans regarder où elle mettait les roues. Alors naturellement cette fois-ci, je m'éloigne du bord et fais bien attention aux sorties de ces saloperies. Bien m'en a prit, parce que ça n'a pas raté: LA MEME CHOSE. Bon cette fois-ci grâce à mes précautions, j'ai pu l'éviter sans mal. Mais ça ne m'a pas empêcher de maudire le conducteur et sa famille pour les 27 prochaines générations.
J'arrive chez moi. Et je pense à diverses choses. Je commence à m'interroger sur les petites choses bizarres, dans la vie. Vous savez, par exemple lorsque vous discutez alors que la télévision est allumée, et que le gusse dans le poste prononce le mot que vous prononcez, et ce exactement en même temps que vous. Ou alors quand vous pensez à quelque chose, et que cette chose se produit dans les instants qui suivent. Ou lorsque la personne qui se trouve à côté de vous et vous-même commencez à fredonner la même chanson au même moment, alors qu'il n'y aucune raison pour le faire. Toutes ces petites choses, très étranges.

(NDn: cette entrée est parfaitement à chier, je vous demande de m'en excuser. Je suis crevé... D'ailleurs faut vraiment que je sois crevé pour vous demander de m'excuser.)
--== Quand j'étais petit, je pensais que les femmes savaient lire dans les pensées. ==--