Bus overload
Tout le monde s'est foutu de ma gueule, comme prévu. Ca fait plaisir de voir que certaines valeurs perdurent, dans ce monde qui perd tous ses répères. Enfin quand je dis tout le monde, c'est faux. Abe a trouvé ça bien. Mais lui il ne compte pas, il est.. différent. C'est pour ça que je l'aime d'ailleurs.
Je suis à l'arrêt de bus, et le bus est en approche. Il approche. Il approche. Le suspense est hitchcockien. Il approche. Il est devant moi. Et continue son chemin. Il s'éloigne... Je regarde autour de moi. Les yeux de mes partenaires d'attente sont écarquillés. J'entends un léger "Mais il est con ou quoi?" venant de l'arrière. En effet, le chauffeur avait oublié de s'arrêter. Et le bus disparut. Et après quelques secondes de protestations d'usage, le bus fit sa rapparition! L'engin s'immobilise alors devant nous. Les portes arrières s'ouvrent sans douceur, libérant ainsi les otages du forcené aux commandes du bolide. Quand tout le monde fût dehors, j'entrepris d'emprunter les mêmes portes afin de monter. C'était sans compter sur le cerbère au volant du véhicule.
Michael Schumacher, d'un ton sec: Ca te dérangerait de redescendre et de monter par l'avant? Merci."
neev: "Vous tutoyez tout le monde?" (je la sors souvent celle-là)
Keanu Reeves, dans Speed: "S'il vous plaît."
neev: "Bien sûr!"
Et j'ai obtempéré. Contraint et forcé, écrasé par la force de caractère de l'as du volant. Et bien entendu, toutes les places étaient prises. Dernier arrivé, dernier servi. Qu'importe. Je resterai debout, tel un colosse, et je me frotterai aux lycéennes qui monteront aux prochains arrêts. Si tel est mon fardeau, c'est avec une joie non dissimulée que je l'accepte.
Le bus démarre. Mon sac est au sol, entre mes jambes, et ne dérange personne. Mes mains sont agrippées à la froide barre metallique prévue à cet effet. Bon. Manifestement, tout est en place. Il ne me reste plus qu'à trouver de quoi m'occupper pendant les 25 minutes de trajet. Commençons par observer mes compagnons de voyage. Il y a toujours une demoiselle qui me plaît, lorsque le bus est convenablement rempli. Voyons voyons.. Ah! Très jolie, jeune femme, 19 ans, cheveux rouges, yeux verts. Le mélange est dégueulasse, mais pris séparément, les cheveux et les yeux sont ravissants. Petit nez, lèvres timides. Regard lointain. Peut-être songe t-elle à son homme. Et à quelle sauce elle va le déguster ce soir.
Sentant un début d'érection surgir, je trouvai urgent de me concentrer sur quelqu'un d'autre. Je n'eus pas à chercher bien longtemps. Un jeune homme, le téléphone collé à l'oreille, monta dans le bus. Non pardon, je reprends: un jeune homme, FORT BRUYANT, monta dans le bus. Lequel se transforma aussitôt en une espèce de purgatoire sur roues. L'individu s'était trouvé, je ne sais comment, une place assise dans le fond. Bien, bien au fond. Et pourtant tout le monde était silencieux, de peur de perdre une miette de la conversation bigophonique du type. C'est vous dire s'il parlait fort. Et il multipliait les grossiertés et les fautes de français en plus. Au moment où il lâcha à son interlocuteur un: "HEY VAS Y CRIE PAS DANS MON OREILLE STEUPLAIT!!", je ne pus m'empêcher d'exploser de rire. Un rire que je fis tout mon possible pour étouffer, les yeux fermés et grimaçant. Heureusement je n'étais pas le seul à m'être délecté du comique de la situation. Au moment ou je rouvris les yeux, j'aperçus la petite mignonne aux cheveux rouges me regarder en souriant de toutes ses dents. Sourire auquel je ne répondis pas spontanément, parce que je suis timide et surtout parce que je suis vraiment trop con, mais c'est un autre débat. Non au lieu de ça jei détournai le regard, puis lorsque quelques secondes plus tard je le reposai sur elle, je retrouvai le regard lointain et évasif de tout à l'heure. Toujours occupée à penser aux facéties sexuelles qu'elle réserve à son cher et tendre. Bah dîtes donc, ça doît être un sacré morceau ce gars-là, pour y consacrer autant de réflexion.
Quoiqu'il en soit Bruit-man s'était éteint. Sans doute subitement éhonté. Tant mieux. Le bus s'était vidé quelque peu, aussi. Je pouvais donc m'asseoir. A l'arrêt du centre commercial (autant le citer, c'est un Carrouf), quatre femmes montèrent. Trois bonnes femmes françaises, et une asiatique. Quatre femmes, et trois places assises seulement. Deux juste devant moi, et une à côté de moi. Elles étaient toutes les quatre vraisemblablement collègues de travail, caissières au Carrouf en l'occurrence. Deux des bonnes femmes s'emparèrent des sièges situés devant moi. La troisième bonne femme lança sur un ton mielleux à sa copine asiatique assise sur la place à côté de moi: "Oh dis tu permets que je m'assoie, vu que je descends plus loin que toi..". La brune accepta sans broncher. Les trois grosses truies passèrent les cinq minutes du trajet commun à se moquer de l'accent de la quatrième, et à lui parler comme à une merde (soyons charitables: une demie-merde). Vraiment charmant. Lorsqu'elle descendit, personne ne répondit à son "Allez, à demain!". Et pour finir, quand le bus fût reparti, les trois greluches débutèrent un petit festival de médisances dont la brune était la cible. Un festival très court, puisqu'elles descendirent à l'arrêt suivant. La pouffiasse a fait se relever la petite asiat pour 60 secondes de trajet en plus, à tout casser. Ca s'appelle "le plaisir de faire chier son monde". Elles m'ont laissé un goût amer dans la bouche. Pourquoi cet acharnement? Quelque chose me dit que le seul tort de cette petite dame était de ne pas être française.
J'espère au moins qu'elle ne doit pas supporter cela tous les jours.
--== vivent les grèves. ==--
Je suis à l'arrêt de bus, et le bus est en approche. Il approche. Il approche. Le suspense est hitchcockien. Il approche. Il est devant moi. Et continue son chemin. Il s'éloigne... Je regarde autour de moi. Les yeux de mes partenaires d'attente sont écarquillés. J'entends un léger "Mais il est con ou quoi?" venant de l'arrière. En effet, le chauffeur avait oublié de s'arrêter. Et le bus disparut. Et après quelques secondes de protestations d'usage, le bus fit sa rapparition! L'engin s'immobilise alors devant nous. Les portes arrières s'ouvrent sans douceur, libérant ainsi les otages du forcené aux commandes du bolide. Quand tout le monde fût dehors, j'entrepris d'emprunter les mêmes portes afin de monter. C'était sans compter sur le cerbère au volant du véhicule.
Michael Schumacher, d'un ton sec: Ca te dérangerait de redescendre et de monter par l'avant? Merci."
neev: "Vous tutoyez tout le monde?" (je la sors souvent celle-là)
Keanu Reeves, dans Speed: "S'il vous plaît."
neev: "Bien sûr!"
Et j'ai obtempéré. Contraint et forcé, écrasé par la force de caractère de l'as du volant. Et bien entendu, toutes les places étaient prises. Dernier arrivé, dernier servi. Qu'importe. Je resterai debout, tel un colosse, et je me frotterai aux lycéennes qui monteront aux prochains arrêts. Si tel est mon fardeau, c'est avec une joie non dissimulée que je l'accepte.
Le bus démarre. Mon sac est au sol, entre mes jambes, et ne dérange personne. Mes mains sont agrippées à la froide barre metallique prévue à cet effet. Bon. Manifestement, tout est en place. Il ne me reste plus qu'à trouver de quoi m'occupper pendant les 25 minutes de trajet. Commençons par observer mes compagnons de voyage. Il y a toujours une demoiselle qui me plaît, lorsque le bus est convenablement rempli. Voyons voyons.. Ah! Très jolie, jeune femme, 19 ans, cheveux rouges, yeux verts. Le mélange est dégueulasse, mais pris séparément, les cheveux et les yeux sont ravissants. Petit nez, lèvres timides. Regard lointain. Peut-être songe t-elle à son homme. Et à quelle sauce elle va le déguster ce soir.
Sentant un début d'érection surgir, je trouvai urgent de me concentrer sur quelqu'un d'autre. Je n'eus pas à chercher bien longtemps. Un jeune homme, le téléphone collé à l'oreille, monta dans le bus. Non pardon, je reprends: un jeune homme, FORT BRUYANT, monta dans le bus. Lequel se transforma aussitôt en une espèce de purgatoire sur roues. L'individu s'était trouvé, je ne sais comment, une place assise dans le fond. Bien, bien au fond. Et pourtant tout le monde était silencieux, de peur de perdre une miette de la conversation bigophonique du type. C'est vous dire s'il parlait fort. Et il multipliait les grossiertés et les fautes de français en plus. Au moment où il lâcha à son interlocuteur un: "HEY VAS Y CRIE PAS DANS MON OREILLE STEUPLAIT!!", je ne pus m'empêcher d'exploser de rire. Un rire que je fis tout mon possible pour étouffer, les yeux fermés et grimaçant. Heureusement je n'étais pas le seul à m'être délecté du comique de la situation. Au moment ou je rouvris les yeux, j'aperçus la petite mignonne aux cheveux rouges me regarder en souriant de toutes ses dents. Sourire auquel je ne répondis pas spontanément, parce que je suis timide et surtout parce que je suis vraiment trop con, mais c'est un autre débat. Non au lieu de ça jei détournai le regard, puis lorsque quelques secondes plus tard je le reposai sur elle, je retrouvai le regard lointain et évasif de tout à l'heure. Toujours occupée à penser aux facéties sexuelles qu'elle réserve à son cher et tendre. Bah dîtes donc, ça doît être un sacré morceau ce gars-là, pour y consacrer autant de réflexion.
Quoiqu'il en soit Bruit-man s'était éteint. Sans doute subitement éhonté. Tant mieux. Le bus s'était vidé quelque peu, aussi. Je pouvais donc m'asseoir. A l'arrêt du centre commercial (autant le citer, c'est un Carrouf), quatre femmes montèrent. Trois bonnes femmes françaises, et une asiatique. Quatre femmes, et trois places assises seulement. Deux juste devant moi, et une à côté de moi. Elles étaient toutes les quatre vraisemblablement collègues de travail, caissières au Carrouf en l'occurrence. Deux des bonnes femmes s'emparèrent des sièges situés devant moi. La troisième bonne femme lança sur un ton mielleux à sa copine asiatique assise sur la place à côté de moi: "Oh dis tu permets que je m'assoie, vu que je descends plus loin que toi..". La brune accepta sans broncher. Les trois grosses truies passèrent les cinq minutes du trajet commun à se moquer de l'accent de la quatrième, et à lui parler comme à une merde (soyons charitables: une demie-merde). Vraiment charmant. Lorsqu'elle descendit, personne ne répondit à son "Allez, à demain!". Et pour finir, quand le bus fût reparti, les trois greluches débutèrent un petit festival de médisances dont la brune était la cible. Un festival très court, puisqu'elles descendirent à l'arrêt suivant. La pouffiasse a fait se relever la petite asiat pour 60 secondes de trajet en plus, à tout casser. Ca s'appelle "le plaisir de faire chier son monde". Elles m'ont laissé un goût amer dans la bouche. Pourquoi cet acharnement? Quelque chose me dit que le seul tort de cette petite dame était de ne pas être française.
J'espère au moins qu'elle ne doit pas supporter cela tous les jours.
--== vivent les grèves. ==--

<< Page d'accueil